Rechercher
  • carrie CARRIE BRADSHOP

Schocking Schiap’ ! Magazine The Gate Collection n°2

Schocking Schiap’ !


Par Yvo Deprelle. 1954 : Elsa Schiaparelli ferme sa maison de Haute Couture au moment où Chanel, son éternelle rivale, rouvre la sienne. Dior et la révolution du New Look sont passés par là, l’époque a changé…! 60 ans plus tard, la belle endormie se réveille, renouant avec ses codes historiques pour une allure toujours actuelle et décalée. Quand élégance rime avec extravagance, c’est Schocking Schiapiarelli, bien sûr ! La première excentrique du monde de la mode… dès 1927 !


Par Yvo Deprelle.





Lundi 23 janvier 2017, Place Vendôme… La maison Schiaparelli rouvre ses salons comme autrefois pour son nouveau défilé Haute-Couture. Une appellation contrôlée qu’elle vient d’ailleurs juste de retrouver… Et un bel hommage pour cette prestigieuse griffe qui fête aujourd’hui son 90ème anniversaire ! Pourtant, dans les salons feutrés de la Place Vendôme, point de fiesta monumentale, ni de Dj déchaîné, l’ambiance est plus au recueillement et ce sont les vêtements qui jouent les vedettes de la journée et sont au centre des regards. Une fois de plus, la maison Schiaparelli (prononcer « Skia-parelli !» !) n’oublie pas son passé ni son héritage. Et c’est bien sûr pour ça qu’on aime ! Pour son 4ème show, le couturier Bertrand Guyon livre une collection magnifique, toute en finesse, en parsemant de références surréalistes un vestiaire résolument contemporain. L’esprit de la maison est bien là : une collection à la gloire des années 1930, mais un glamour revisité version 2017 au chic très français. La grammaire Schiaparelli se retrouve dans une foule de détails chics et chocs : broderies et motifs ajourés en forme de cœur, de serrure, de main, de flèche, collier cage à oiseau, imprimés asiatiques… Et se mêlent à des éléments actuels : hautes cuissardes aux couleurs flashy, petits smokings étriqués, bombers disco satinés. La robe homard version 2017 rend un vibrant hommage à celle créée conjointement avec Dali tout comme cette veste courte en trompe l’œil qui fait écho à celle de Cocteau… 1937 for-ever !!!


Renaissance !


En 2007, le riche industriel Diego della Valle, déjà heureux propriétaire de Tod’s et du chausseur Roger Vivier rachète la griffe en profond sommeil. Il réinstalle la maison dans ses locaux historiques de la place Vendôme et en confie la décoration au très fantasque Vincent Darré, le chouchou des rédactrices. La belle Farida Khelfa, égérie de Jean-Paul Goude et muse de Jean Paul Gaultier en devient l’ambassadrice de charme. Les débuts se font relativement discrets. En mai 2012 une exposition étonnante « Impossible Conversations » est cependant organisée au Metropolitan Museum of Art de New York. Et met en relation Elsa Schiaparelli avec la créatrice italienne Miuccia Prada. La renaissance est vraiment initiée en 2013 lorsque Christian Lacroix prend le temps d’une saison la direction artistique de la maison. Pas de défilé pourtant, mais une splendide exposition sur mannequins de la collection, un véritable hommage à madame Schiaparelli. Mais il faut attendre janvier 2014 pour admirer le premier défilé de la maison pendant la semaine de la Haute Couture. Soixante ans donc après la fermeture de Schiaparelli, soit un très bel anniversaire ! L’émotion est grande, Marco Zanini ex DA de Versace et Rochas fait revivre la magie d’antan tout en ancrant la griffe dans la modernité. Depuis avril 2015, c’est le talentueux Bertrand Guyon, ex Valentino, qui dirige le style de la facétieuse maison. « Elsa Schiaparelli est une maison au patrimoine exceptionnel, à l’histoire à la fois lumineuse et intime, à l’univers joyeux et poétique, au chic extrême et à la créativité débordante qui m’a toujours fasciné… et c’est un honneur de pouvoir participer au développement de la Maison Schiaparelli, respectant héritage et tradition, tout en y apportant une expression résolument moderne et contemporaine, comme elle l’a toujours été... » nous confie-t-il.



« Cette artiste italienne qui fait des vêtements… »


Voici comme la présentait Gabrielle Chanel, sa rivale de toujours ! Née en 1890 à Rome, la jeune Elsa voyage beaucoup avant de se fixer à Paris. Londres, New York, Nice... Sa rencontre fortuite avec le grand couturier Paul Poiret sera une véritable révélation : elle fera de la couture. En 1927, elle ouvre sa première boutique, « Pour le sport », et connait un vrai succès avec un chandail au col en trompe l’œil… bien avant Sonia Rykiel ! Vogue qualifiera même ce petit pull de chef d’œuvre ! Elle complète rapidement son offre avec des vêtements pour le jour puis des robes du soir. Dès lors la machine est lancée et la griffe connait un succès sans précédent. Marlene Dietrich, Lauren Bacall, Katharine Hepburn, Arletty… Elsa habille très vite toutes les stars d’Hollywood des années 1930 et les femmes du monde au caractère bien trempé comme la future Duchesse de Windsor, Gala Dali ou Marie-Laure de Noailles. Elles seront les ambassadrices de charme de la griffe et de son parfum le plus célèbre lancé en 1937 : Schocking !


Robe homard… tailleur tiroirs !


La grammaire Schiaparelli ? Un style unique et détonant, mélange d’exubérance, d’innovation, de provocation et de classe. Elle ose tout, expérimente tout, elle créé de nouvelles matières ou de nouvelles formes. Si Chanel proposait un vestiaire dépouillé voire minimal dans une palette de tons neutres, à l’inverse Schiaparelli créé des vêtements très architecturés dans des couleurs éclatantes. Elsa la fantasque est la femme des premières fois. Comme Paul Poiret, elle est la première créatrice à collaborer avec les artistes avant garde de son époque, comme les dadaïstes ou les surréalistes, qui deviennent très vite ses meilleurs amis. Avant Jean Paul Gaultier, elle est la première à récupérer puis détourner les objets de leur fonction première. Avec Elsa Triolet, elle créé un collier aspirine en perles de porcelaine. Avec Jean Cocteau, elle crée des vêtements aux broderies magnifiques tout en trompe l’œil et en poésie. Mais c’est avec Dali que la collaboration sera la plus riche et… la plus folle ! Chapeau soulier, robe homard, robe squelette, robe lambeaux de chair, tailleurs à poches tiroirs… Ses pièces inouïes sont devenues légendaires ! Elle est aussi la première à avoir thématiser ses collections et lancer de vrais défilés spectacles. Les créateurs des golden 1980’s lui devront beaucoup car c’est elle qui avait imaginé les premiers tailleurs très épaulés, les « power suits ou hard chic » ainsi que les robes portefeuille, la jupe-culotte, le motif camouflage ou les vêtements réversibles. Merci, ma chère Elsa ! Elle décide néanmoins de fermer sa maison en 1954 et s’éteindra dans son sommeil en 1973 à 83 ans. Mais la magie demeure car ce sont désormais de nouvelles égéries qui foulent les tapis rouges en Schiaparelli …Tilda Swinton, Cate Blanchett, Sarah Jessica Parker, notre éternelle Carrie Bradshaw et même Miley Cyrus ont adopté la griffe… Ouf, la relève est bien assurée !


5 choses à savoir sur Elsa Schiaparelli pour briller en société !


1/ Elle est la grand-mère de Marisa Bereson, actrice et ancienne mannequin de la jet-set.

2/ Elle est la première couturière à avoir fait la une du Times Magazine en 1934.

3/ Elsa, très superstitieuse, a décidé de baptiser tous ses parfums d’un nom commençant par la lettre « S », son initiale. Tous… enfin presque !

4/ Pour Shocking, son parfum le plus célèbre lancé en 1937, Elsa a créé un flacon en forme de buste féminin, inspiré des courbes avantageuses de l’actrice Mae West… Bien avant Jean Paul Gaultier !

5/ La même année, elle lance le « Rose Schoking », un rose inédit en couture, un pigment pur très vibrant.

30 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout